les morceaux des viandes en solde, les étoiles dévalorisent-elles la viande de...

les morceaux des viandes en solde, les étoiles dévalorisent-elles la viande de france ?

l’appellation des morceaux de viande

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Petit cours d’anatomie bovine avec Corinne Delvaux.

Voici une vache, elle ne s’appelle pas Marguerite, elle s’appelle Georgette. Et ce monsieur n’est pas Fernandel, non c’est un éleveur français qui, lui, n’a rien promis à sa vache. Mais pour l’instant, Georgette est bien vivante et ravie de se présenter à nous. Bonjour Georgette.

Alors, si Georgette tient à venir aujourd’hui à notre rencontre, c’est qu’elle est très en colère. En effet, Georgette et ses petites copines se donnent beaucoup de mal pour engraisser comme il faut avec la bonne herbe bien grasse de leur prairie, elles ruminent consciencieusement plusieurs fois par jour, bref toutes vivent leur vie bovine avec sagesse et conviction pour nous offrir le meilleur d’elles-mêmes.

Voyons ça ensemble avec l’aide de notre amie Georgette. Voici le délicieux rumsteck ; à griller aussi, l’entrecôte plus ou moins persillée ; peut-être un peu moins noble mais bien goûteuse, elle aussi, la macreuse ; le jumeau et le paleron que l’on gardera plutôt pour le pot-au-feu, ou encore le gîte ; ça, c’est le tendron que l’on mettra à braiser. Ah, il faut montrer l’araignée des connaisseurs et la savoureuse bavette ; miam, voici la hampe et la poire des gastronomes, eh oui, c’est un tendre morceau de choix mais il y a aussi la queue, le faux-filet, les basses côtes, le collier, etc, etc, pleins de morceaux différents. Sans oublier le museau bien évidemment, ni la délicieuse langue ! On notera que pour l’instant c’est plutôt Georgette qui mange notre éleveur que l’inverse. Mais c’est vrai qu’elle est gentille, notre Georgette !

De tout temps, le Français qui va acheter un morceau de bœuf chez le boucher regarde avec gourmandise les différents morceaux et arrête son choix sur la bavette ou l’onglet, le jumeau ou le paleron, selon ses envies et ses besoins du moment. Et c’est là le problème ! Il paraît que dans les supermarchés, les Français passaient trop de temps à lire les étiquettes des emballages de viande, à comparer les morceaux, ce qui nuisait gravement à la rentabilité des dits supermarchés.

Aussi a-t-il été décidé il y a quelque temps en haut lieu européen que désormais, dans les supermarchés, les viandes se distingueraient juste par un système d’étoiles : 3 étoiles les morceaux nobles, à griller ou à rôtir ; 2 étoiles ceux à braiser ou à mijoter ; 1 étoile ceux à bouillir. Sans plus savoir exactement de quel muscle de l’animal ces morceaux proviennent. Adieu, merlan, jumeau, bavette, macreuse, hampe, flanchet, paleron, rond de gîte, plat de joue, rumsteck, collier…  » Un scandale ! « , meugle Georgette ! Un pur scandale ! Une honte !

Voilà que les consommateurs français vont devoir s’aligner sur les consommateurs allemands, car Georgette qui, dans le cadre des échanges bovins franco-allemands, a séjourné quelques temps en Allemagne chez sa correspondante Marguerite, est revenue fort choquée d’Outre-Rhin. Oui, quand, en Allemagne, on veut acheter de la viande de bœuf, on dit au boucher : « Ich möchte Rindfleisch » – je voudrais du bœuf. Tout au plus dira-t-on, je voudrais du steak ou du filet. Et figurez-vous que les consommateurs allemands ne font pas toujours la distinction entre les différentes espèces de vache : celles élevées pour la viande et celles élevées pour le lait.

Sans vouloir vexer notre amie Marguerite, il faut quand même reconnaître qu’il existe une certaine hiérarchie entre les vaches et que n’est pas vache à viande qui veut. Georgette, qui est une fière Abondance, aimerait qu’on la reconnaisse à sa juste valeur.

Bon, sachez-le, Georgette est devenue porte-parole des bovins rebelles et vous pouvez lui apporter votre soutien en votant la pétition Georgette sur notre site !

Texte : Claire Doutriaux
Image : Claire Doutriaux & Claude Delafosse

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Parmi les joies de notre travail, il y a par exemple les tournages. Surtout quand il y a une vache…

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