Gérard Mulliez, fondateur de Auchan : « 20 smic, aucun dirigeant ne devrait avoir plus que cela »

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French founder of large retailers group Auchan Gerard Mulliez attends a press conference for the launch of the French employers' association Medef's "a million jobs" campaign, a series of measures demanded by the association to create a million jobs in France, on January 13, 2014, in Marcq-en-Baroeul, northern France. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

Le fondateur d’Auchan sort de sa légendaire discrétion. Pour « l’Obs », le milliardaire livre ses recettes pour doper l’économie et créer 3 millions d’emplois. Ca décoiffe.

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Gérard Mulliez, le très discret fondateur de Auchan, s’est confié à « l’Obs ». Ici le 13 janvier 2014 à Marcq-en-Baroeul. (AFP / PHILIPPE HUGUEN)

Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan devenu milliardaire, a accepté de sortir de sa légendaire discrétion et livre, dans « l’Obs », ses recettes décoiffantes pour doper l’économie et créer 3 millions d’emplois. Exemples ? Plafonner du salaire des patrons ! Lorsque « l’Obs » lui demande de réagir aux salaires exorbitants des patrons, voici sa réponse :

« Dans ma famille, on a toujours préconisé que le salaire maximum soit de 20 smic [350.000 euros brut par an] et on se tient à cette règle chez Auchan. Aucun dirigeant ne devrait avoir plus que cela. C’est déjà beaucoup. Vous êtes payé tout seul comme 20 personnes de votre entreprise ! De plus, c’est une erreur de tir. En général, lorsque vous avez des patrons surpayés, ils surpayent aussi leurs subordonnés directs. Et qui voit sa rémunération limitée ? Le personnel de base. En plus, cette personne qui a beaucoup d’argent finit par ne pas comprendre celle qui n’en a pas. Moi, je suis un radin de nature. Quand il y a une lumière allumée chez moi et que personne ne passe, je l’éteins. Je voyage en seconde classe, et jusqu’à la naissance de mon troisième enfant, avant d’acheter un terrain et d’y construire une maison, je faisais du camping chaque été dans le sud de la France. »

Propos recueillis par Corinne Bouchouchi et Sophie Fay

>> Retrouvez l’intégralité de l’interview de Gérard Mulliez dans « l’Obs » et sur le site vendredi 16/10/2015 à partir de 7 heures (Abonnés). 

Un homme qui a su mettre à profit son capital, rien en bourse, tout est replacé dans les entreprises. Il ne roule pas en Ferrari. UvB

 

La famille Mulliez, première fortune de France, avec 38 milliards d’euros !

Les petits ruisseaux de la grande distribution ont fait la grande fortune des Mulliez. La puissante famille nordiste arrive en tête du classement des 100 Français les plus riches que vient de publier Capital. Les familles Coisne, Lambert, Roquette, Lesaffre, font partie des autres familles nordistes de ce palmarès.

Les petits ruisseaux de la grande distribution ont fait la grande fortune des Mulliez. La puissante famille nordiste arrive en tête du classement des 100 Français les plus riches que vient de publier Capital. Le magazine économique estime son portefeuille global garni de 37,88 milliards d’euros (+ 3,8 % par rapport au printemps 2013). En mars dernier, Auchan, principal fleuron de la famille, annonçait un EBITDA (qui mesure le résultat d’exploitation courant, hors charges et amortissements) en hausse de 3,8 % à 2,636 milliards d’euros.

Selon les auteurs de ce classement – parmi lesquels Benoît Boussemart, maître de conférences, docteur en économie et spécialiste du sujet – la seule fortune de Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan, atteindrait 3,76 milliards d’euros. Olivier Leclercq, le président d’Oxylane (Decathlon) pèserait 1,76 milliard d’euros et le fondateur de Kiabi, Patrick Mulliez, 1,34 milliard d’euros. Les deux sœurs (Mariette et Francette) et le frère (Jean) de Gérard Mulliez représenteraient chacun 1,08 milliard d’euros.

Source : La voix du nord

Qui est Gérard Mulliez, troisième fortune de France et (discret) fondateur d’Auchan ?

À 83 ans, il est allé samedi dire sa façon de penser aux jeunes communistes, en pleine réunion. Portrait de celui qui est à la tête de la famille la plus puissante de France

Qui est Gérard Mulliez, troisième fortune de France et (discret) fondateur d'Auchan ?

La fortune de Gerard Mulliez est estimée entre 20 et 30 millions d’euros© PHOTO 

AFP PHILIPPE HUGUEN

En s’invitant au conseil départemental des jeunes communistes du Nord, samedi, pour y piquer une petite colèreGérard Mulliez a fait parler de lui. Et c’est un évènement, car le fondateur du groupe Auchan est un homme aussi discret qu’il est riche : il est à la tête d’une famille dont la fortune s’élève entre 20 et 30 milliards d’euros selon les sources, la troisième de France selon le magazine « Challenges », et même la première d’après « Capital ».Mais là où Bernard Arnault (LVMH), François Pinault (Kering) ou encore Xavier Niel (Iliade) peuplent régulièrement les colonnes des journaux ou les plateaux de télévision, Gérard Mulliez les fuit. Encore plus lorsqu’un journaliste, Bertrand Gobin, passionné par l’histoire de cette famille considérée comme la plus puissante de France, écrit un livre (« La Face cachée de l’empire Mulliez », sorti le 13 février dernier) à son sujet.

700 cousins millionnaires grâce à lui

« Je ne souhaite pas qu’un tel livre soit écrit. Vous n’êtes pas sans connaître mon souci de discrétion […]. Je m’oppose catégoriquement à toute reproduction de mon image en couverture », fait-il ainsi savoir à l’auteur. Qui a tout de même réussi à écrire plus de 200 pages sans pouvoir discuter avec le principal intéressé.

Il faut dire que « l’empire Mulliez » et celui qui en est à la tête ont de quoi fasciner. « La frontière entre les affaires de famille et les affaires tout court est très ténue », affirme Bertrand Gobin au « Monde ». « Près de 700 cousins Mulliez sont devenus millionnaires grâce à lui« , ajoute-t-il dans « La Voix du Nord ». Gérard détient tout de même « près de 10 % de l’ensemble des valeurs de titres de la galaxie Mulliez », selon Bertrand Gobin, interviewé par « La Voix du Nord ». Soit 2 à 3 milliards d’euros de valeurs.

Il a ouvert son premier magasin en 1961, à Roubaix

Via l’association familiale Mulliez, qui compte plus de 1000 membres, la fratrie possède des parts dans à peu près tous les secteurs : restauration (Flunch, Pizza Paï), sports (Décathlon), habillement (Kiabi, Pimkie), bricolage (Leroy Merlin, Kiloutou), automobile (Norauto, Feu Vert)… En tout, une cinquantaine d’enseignes. La plus importante reste évidemment le groupe Auchan, avec ses 80 milliards d’euros de chiffres d’affaires, près de 8000 magasins un peu partout dans le monde et 500 000 salariés. Mais une cotation en bourse à laquelle Gérard Mulliez s’est toujours opposé.

Si son parcours scolaire est assez minimaliste – il n’a pas le bac – Gérard Mulliez a tout de même eu la chance de naître en 1931 dans une famille où la fibre entrepreneuriale existe déjà avec Phildar, une société de prêt-à-porter fondée par son père et au sein de laquelle il gravit les échelons jusqu’à en prendre la direction.

Dans le tout premier supermarché qu’il ouvre à Roubaix, en 1961, les premières années sont difficiles. Appelé « Hauts Champs » en raison du lieu où il se trouvait, le magasin est renommé « Auchan » pour apparaître plus haut dans l’annuaire. Puis, sur les conseils d’un certain Édouard Leclerc, celui qui dépasse à peine la trentaine « renforce le libre-service et casse les prix sur le whisky Black & White pour attirer les hommes dans le magasin« , raconte « La Voix du Nord ». La machine est lancée.

Persuadé qu’il vivra jusqu’à 130 ans

Bertrand Gobin décrit les deux visages du fondateur d’Auchan : « D’un côté, une personne empreinte d’altruisme et de générosité, son génie créateur, sa simplicité ou ses traits d’humour. De l’autre, ses colères noires et ses emportements, d’autant plus durs qu’ils ne sont jamais gratuits, étant touché dans l’intime. »

On lui connaît aussi des penchants étonnants pour l’ésotérisme. Un jour, lors de l’inauguration d’un magasin, « subitement, à la manière des hippies de Woodstock […], il invite l’assistance à ouvrir les bras et à demander que la pluie cesse… » raconte le journaliste au Monde. Il est persuadé qu’il vivra jusqu’à 130 ans et invite les cadres d’Auchan à des séminaires sur l’hypnose.

L’autre côté moins brillant de la famille Mulliez réside dans l’optimisation fiscale qu’elle pratique autant que faire se peut, au point de franchir une limite morale et frontalière en allant résider en Belgique. « À Néchin, la rue de la Reine Astrid a été rebaptisée « rue Mulliez » par les habitants de la commune », illustre Le Monde. Voilà qui ne doit pas plaire aux jeunes communistes du Nord…

Source : Sud Ouest