Hervé Pillaud Agriculteur

Hervé Pillaud Agriculteur

HERVÉ PILLAUD, AGRICULTEUR

“ Agriculteur, Président du groupe Établières & Vendée RS

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 » Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite  » Ch. Péguy

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Au Salon de l’Agriculture, rencontre avec Hervé Pillaud, agriculteur vendéen et navigateur multi-plateformes dans le monde internet

Découvert grâce au très bon web-reportage de FranceInfo sur quatre “ageekulteurs”, nous avons rencontré Hervé Pillaud sur le stand de la Vendée, après avoir pris contact la veille… par tweets interposés bien sûr 😉

Blessé lors du triste épisode de la vache folle par l’image déplorable des agriculteurs qui s’en est suivie à la fin des années 90, Hervé Pillaud a compris que pour ne pas se laisser salir, il devait communiquer lui-même sur ses pratiques agricoles.
Responsable professionnel à casquettes multiples, entre autres celle de vice président de la FNSEA pour la Vendée Hervé Pillaud devient co-créateur du site internet agri85 et de l’une des premières webtv dans les années 90.
Il a vite été happé par le numérique, habile à l’utilisation des nouvelles technologies.
Strict sur sa ligne éditoriale cet agriculteur de 56 ans, veut véhiculer du beau.

Armé de ses outils nomades, ce petit dormeur (moins de 5 heures par nuit) commence ses journées à l’aube, dans les prés avec ses vaches. Il profite en solo des bonheurs du jour qui se lève, avant les premiers échanges de la journée sur les réseaux sociaux.

“J’adore faire des Vine”

Twitter est son réseau social numérique favori, le meilleur vecteur de communication instantanée. Il adore également faire des Vine,  » si on arrive à capter les bonnes images, ça parle beaucoup ». Ces petites vidéos de 6 secondes lui servent entre autres à publier des portraits de ses animaux, dès la naissance.

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Hervé Pillaud, auteur de « Agronuméricus »

Hervé Pillaud
Hervé Pillaud

Quel rapport entretenez-vous avec le monde agricole ? 

Je suis agriculteur – éleveur à Mareuil sur Lay en Vendée. Producteur de lait, avec Christine, mon épouse, passionnée de la race Montbéliarde avec laquelle nous avons parcouru les plus importants Salons de France : Space, Salon de l’Agriculture de Paris… gagné quelque prix et connu de nombreux passionnés qui sont devenus des amis.

Je suis d’abord un militant de la cause agricole, vice-président de la FDSEA de Vendée, Secrétaire Général de la Chambre d’agriculture ou je suis responsable de l’ensemble de l’élevage et président de Tech’elevage: salon dédié au high tech dans l’élevage.

Je considère la formation des Hommes comme une priorité pour l’avenir de l’agriculture : je suis donc engagé également dans l’enseignement agricole : Président du groupe Etablières  à la Roche sur Yon et administrateur national au CNEAP (Enseignement Agricole Privé).

Passionné des débats avec la société, je suis devenu vice-président du Conseil Economique Social et Environnemental régional (CESER) en 2012 ou j’ai été rapporteur  d’un important travail sur l’agro-alimentaire dans la région : Quel avenir pour les industries agroalimentaires en Pays de la Loire ? .

Qu’est qui vous a donné envie d’écrire ce livre ?

« L’agriculture est la plus grande révolution socio-économique du 20ème siècle » m’a dit récemment le grand philosophe Michel Serres : nous sommes passé de

Agronuméricus

78% de la population active en 1900 à guère plus de 1% en 2010. Dans le même temps, nous avons multiplié par dix notre productivité. Aucune catégorie socioprofessionnelle n’a réussie un tel exploit et pourtant au moment où j’écris ces lignes notre profession est dans la tourmente et vit une crise qui peut bien être la fin d’un cycle.

Dans le même temps de formidables opportunités semblent se dessiner : nous aurons demain neuf à dix milliard d’humains à nourrir, les matériaux et les énergies renouvelables vont progressivement se substituer aux matériaux et énergies fossiles qui sont en voie d’épuisement.

Le numérique un champ nouveau comme l’humanité n’en a jamais connu, l’agriculture n’y échappera pas. Le numérique est une révolution : il génère une grande quantité d’innovation, repense la communication et revoie la façon d’emmètre, de recevoir, de stocker et de travailler l’information. Internet est une rupture : il repense la notion de temps, de territoire et des rapports humains. Une renaissance post moderne se dessine : elle va repenser la médiation, les échanges et la création de valeurs.

Un monde nouveau est à inventer qui va associer l’alimentation, les matières et énergies renouvelables, le bio-design, le numérique et les smart grid. L’agriculture peut y jouer un rôle essentiel.

A qui s’adresse-t-il et à quel objectif répond-il ?

Ce livre, Agronuméricus, a pour objectif de regarder ce qui est possible en relation avec les besoins. Il jette un regard sur les points qui seront impactés par le numérique. Et comment il va redessiner l’agriculture. Il pose aussi la question de la capacité des agriculteurs de nos organisations à entrer dans la « renaissance 2.0 » et a être bien plus que de simples utilisateurs de technologie. Il montre comment prendre toute la dimension de la transition et ainsi en faire une véritable opportunité pour gagner en autonomie et en implication dans la multitude qui fera la société de demain. Il donne un regard sur l’organisation de l’agriculture dans la société hyper connecté ou la question que l’on doit se poser est : « agir ou subir ? A nous de choisir ».

Ce livre s’adresse d’abord aux créatifs de tous poils. Il s’adresse aux agriculteurs et aux étudiants en agriculture mais aussi à tous ceux qui veulent parfaire leur regard sur leur alimentation, sur leur environnement et qui se posent des questions sur le monde qui se dessine. Il s’adresse également aux décideurs qui veulent se remettre en cause et qui sont prêt à construire le monde de demain et à redonner à l’agriculture toute la place qui devra être la sienne et à offrir le champ de créativité nécessaire pour y arriver.

Si l’on devait ne retenir que trois points essentiels de votre ouvrage : quels seraient-ils ?

L’agriculture n’échappera pas aux changements que nous commençons à voir se dessiner, elle pourra même y être au cœur. Le numérique nous fait passer de la culture d’utilisation d’intrants à celle de l’utilisation de connaissance. Notre métier peut reprendre tout son sens.

Nous devons intégrer que nous passons d’une structuration pyramidale et en silo de la société à un socle plus horizontal. Le numérique n’est pas une affaire de technologie mais de changements anthropologiques ou nous avons une place de choix à prendre.

Nous agriculteurs, avons notre destin entre nos mains. Notre autonomie de décision dépend de notre capacité à épouser le monde qui vient et à intégrer les réformes nécessaires pour faire évoluer les mentalités et les structures.

« La connaissance des territoires cultivés est un miroir brisé, nous en possédons tous un morceau, le numérique est un formidable outil pour reconstruire ce

miroir ».

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HERVÉ PILLAUD : « L’ AGRICULTURE SERA NUMÉRIQUE OU NE SERA PAS »

Écrit le  par 

Le monde agricole va mal. Une crise qui annonce la fin d’un cycle ?  Hervé Pillaud*, éleveur, militant actif de la cause agricole, en est convaincu. Pour lui, l’agriculture doit se réinventer et passer par les fourches du numérique. Internet est dans le pré et il s’agit de ne pas le laisser filer. Rencontre autour de son nouveau livre, Agronuméricus.

 

En 2015, dans notre société le numérique est partout. Peu de secteurs peuvent s’en passer. Il en est de même pour l’agriculture ?

Hervé Pillaud : Si l’on raisonne en termes d’usages du numérique, le monde agricole est bien positionné. Il y a dans notre métier plein de nouveaux logiciels, d’applications, de drones, de robots, de capteurs sur les animaux et les machines. C’est un secteur plutôt high tech qui ne s’arrête jamais d’innover. Tenez, vous connaissez le programme Farmstar ? Il nous donne des indications très fines sur nos parcelles via le satellite en fonction des caractéristiques du champ et de l’état de la végétation. Aujourd’hui, l’informatique embarquée est le nouveau must have des agriculteurs.

 

ILLUSTRATIONS_LIVRE_HERVE_SE CONNECTER AUX AUTRES

 

Grâce à ces outils, les agriculteurs collectent aujourd’hui énormément de données, qu’en font-ils ?

HP : Vous mettez le doigt là où ça fait mal. Aujourd’hui, on récolte une masse considérable de données mais on n’en fait pas grand chose. Le big data dans le milieu agricole, ça fait peur. On craint de se voir dépossédé. Pourtant, si on libérait les données des pratiques agricoles des agriculteurs qui cultivent autour des captages d’eau potable par exemple, on pourrait, entre autres, mettre en oeuvre des algorithmes permettant à la population de suivre de façon simple, transparente et pédagogique nos évolutions. Nous couperions ainsi court à toutes les supputations et interprétations. On a plein de données, partout. Il va falloir qu’on les regroupe pour optimiser les usages. Il y a urgence à créer une plateforme des données de l’agriculture.

 

ILLUSTRATIONS_LIVRE_HERVE_ISOLEMENT SOCIAL

 

Mais les paysans ont la réputation d’être un peu perso, chacun dans son champ. Sont-ils prêts à mettre en commun leurs données ?

HP : L’agriculture a longtemps été un modèle collaboratif, coopératif. Même si le temps a un peu remis en cause ces valeurs, elles sont toujours bien présentes. Les agriculteurs sont méfiants parce qu’ils sont pragmatiques. Si on leur explique l’intérêt de partager leurs données, ils le feront. Cela nous permettrait notamment d’anticiper et de gérer collectivement les risques, qu’ils soient sanitaires, climatiques, économiques ou environnementaux. C’est énorme. Nous ne devons laisser à personne d’autre la maîtrise de ce domaine. Il ne faut pas que les grands groupes s’en saisissent avant nous. Néanmoins, nos entreprises sont trop petites pour aborder individuellement ce domaine, c’est donc de la responsabilité des organisations professionnelles de s’en saisir.

 

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Depuis quelques mois, on voit fleurir les food hackathons, les farmlabs, le monde du numérique s’intéresse désormais à l’agriculture ?

HP : Nous avons la chance de faire un métier qui intéresse tout le monde. Il suffit de proposer aux pros des nouvelles technologies de le faire avec nous. Les challenges qui nous attendent ces prochaines années vont demander un investissement considérable en termes d’innovations (nourrir 9 milliards d’êtres humains, préserver le climat…), il faut qu’on décloisonne l’agriculture, qu’on aille voir ailleurs, qu’on s’inspire les uns les autres. Le crowsourcing peut nous aider. Les designers, les créatifs et tous ceux qui fréquentent les bar camps et autres rassemblements innovants ont une nouvelle approche de la R&D. Ils sont capables de passer de l’idée à l’offre d’une autre façon. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux.

 

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Page 151, vous annoncez que le marché devient glocal par le numérique, ça veut dire quoi ?

HP : Le marché est glocal parce que le monde est devenu un village mais il doit être appréhendé par une approche très locale. Le consommateur exige la meilleure traçabilité des produits quel que soit l’endroit où il se trouve dans le monde. Le numérique permettra d’établir un lien digital entre le producteur, les différents maillons de la filière et le consommateur. Aujourd’hui, nous sommes trop souvent absents de la promotion de nos produits et quand nous sommes présents, c’est au profit de l’enseigne qui nous commercialise. Nous devons repenser la communication de nos produits et surtout nous en saisir. Les réseaux sociaux sont un magnifique haut parleur et le consommateur a besoin de créer des liens avec celui qui façonne sa nourriture.

 

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Dans votre livre, vous expliquez que le numérique pourrait aussi faciliter vos finances, c’est-à-dire ?

HP : Jusqu’à présent, le financement de l’agriculture était patrimonial et l’acquisition de l’outil de travail par capitalisation était un des fondamentaux de l’agriculture française. Les choses changent. Les agriculteurs sollicitent désormais leurs communautés pour se financer. Le crowdfunding progresse aujourd’hui, tout comme le micro-crédit dans certains pays. Le numérique simplifie largement les procédures et les échanges et, de fait permet une vulgarisation de ces pratiques.

Aujourd’hui, l’agriculture comme le reste de la société est en train de migrer d’une économie de la propriété à une économie de fonctionnalité. A terme, on imagine facilement que le paysan ne sera bientôt plus propriétaire de son tracteur mais seulement locataire. Là aussi, internet devrait faciliter ces nouveaux usages. Enfin, je suis sûr qu’à terme, on aura notre place dans le paysage des monnaies alternatives.

 

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Puisque le numérique permet de sauver l’agriculture, qu’est-ce qu’on attend pour foncer ?

HP : Il y a de l’évangélisation à faire, il faut dépoussiérer nos organisations. Les agriculteurs restent encore très observateurs. Seul un agriculteur sur 5 qui va sur les forums interagit réellement. Avec le numérique, on a une opportunité de donner une vraie image de ce que l’on est. Il faut faire changer les esprits. Cela dit, j’y crois. Cet été, avec la sécheresse et la crise que traverse l’élevage, j’ai vu un paquet d’agriculteurs se mettre à Twitter.

 

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* Hervé Pillaud est agriculteur, secrétaire général de la chambre d’agriculture et vice-président de la FDSEA de Vendée. Militant actif de la cause agricole, il tente de se projeter dans la société du futur. Il vient de publier Agronuméricus aux éditions de la France Agricole et a 3875 abonnés sur Twitter.

Agronumericus, c’est aussi : un site internet : http://www.agronumericus.com/, une page Facebook et un compte Twitter. 

 

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Résumé

Agriculteur – éleveur, producteur de lait.
Président de Tech’elevage: salon dédié au high tech dans l’élevage.
Auteur de « Agronuméricus : internet est dans le pré »​ (sortie le 16 septembre 2015).
Militant de la cause agricole.
Président du groupe Etablières, administrateur national au CNEAP (Enseignement Agricole Privé)
La formation des Hommes est une priorité pour l’avenir de l’agriculture !
Vice-président du Conseil Economique Social et Environnemental des Pays de la Loire (CESER). Rapporteur en 2012 d’une étude sur l’agro-alimentaire : « Quel avenir pour les industries agroalimentaires en Pays de la Loire ? »​.
Vice-président de la FDSEA de Vendée, Secrétaire Général de la Chambre d’agriculture.
Le numérique va repenser l’agriculture :
Le numérique est une révolution, internet une rupture et les bockchains seront la renaissance.
Le triptyque : nouveaux outils, nouvelles communications et big-data nécessitent une approche nouvelle.
Un nouveau monde est à inventer qui va associer l’alimentation, les matières et énergies renouvelable, le bio design, le numérique et les smart grid. L’agriculture peut y jouer un rôle essentiel.
La médiation, les échanges et la gouvernance vont être repensés.
Une évolution est inéluctable ou l’on choisi délibérément d’être acteur ou spectateur et donc la seule question qui soit est de savoir si on désire agir ou subir la renaissance qui se dessine !

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SIA 2014 : Interview de Hervé Pillaud

Cet agriculteur évoque la mort des animaux

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Ajoutée le 27 août 2015

Le numérique pour repenser l’agriculture ! L’agriculture est dans la tourmente et vit une crise qui peut bien être la fin d’un cycle. Transformer un problème en opportunité pour satisfaire un besoin, tel est le challenge qui s’ouvre à nous !
Le numérique est partout. Il est entré dans nos vies et dans nos métiers, l’agriculture n’y échappe pas. Dans le même temps, d’immenses défis apparaissent : produire davantage en mobilisant les ressources renouvelables tout en disposant de moins d’eau, d’énergies fossiles, d’intrants et de terres arables. Face au réchauffement de la planète et à la baisse de la biodiversité, loin d’être un problème, l’agriculture et une solution.
Nous entrons dans une ère nouvelle où tout s’accélère, sans commune mesure dans l’histoire de l’humanité. De nouveaux domaines de recherche et nouvelles élites apparaissent, réorganisant ainsi la société.
Dans les exploitations agricoles le numérique améliore les performances, réduit la pénibilité du travail, facilite les échanges et la communication.
L’auteur, Hervé Pillaud, explique la façon dont les agriculteurs vont s’approprier ces nouvelles technologies en faisant entrer leurs organisations dans cette renaissance 2.0.
Vous découvrirez que l’agriculture aura bien d’autres finalités que l’alimentation et qu’elle se déclinera de par le monde de façons diverses et variées, tout en continuant à redessiner les campagnes et à revenir au cœur du futur.

Big Data et Agriculture