Je crois que nous venons de vivre 20 ans d’égoïsme de tous les maillons de la filière

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Des mots qui vont dans le sens de notre action.

Une profession, une filière sans Partage et Echange ne pourront affronter les difficultés à venir…UvB

 

« Je crois que nous venons de vivre 20 ans d’égoïsme de tous les maillons de la filière », a déploré Daniel Picart, président du Marché du porc breton (MPB), dans une ambiance pesante lors de l’assemblée générale le 28 mai à Plérin.

Il a dénoncé, tout d’abord l’égoïsme des éleveurs qui ont oublié la notion de collectif, « chacun trouvant auprès de sa structure le petit confort qui va bien ». « Le MPB fait partie de la défense collective », a-t-il rappelé. Mais aussi celui de leurs groupements qui se livrent une guerre de chiffres mortifère pour « se piquer » des producteurs, proposant chacun leur démarche. « Les petits accords entre amis seraient plus transparents si tout passait par le marché. Au MPB, on devrait retrouver tous les porcs à vendre », a indiqué le président.

 

Autres égoïstes, les abatteurs, selon Daniel Picart, qui essaient toujours d’acheter moins cher. « Sniv, Fac, Ubap… nous ne savons plus à qui nous adresser. Il a fallu des mois de discussions pour faire évoluer la grille de poids. Pendant ce temps, les américains ont mis quelques jours pour augmenter le poids afin de compenser la perte de nombreux porcelets faisant suite à la DEP (1). On appelle cela du réalisme économique. »

 

 

Palme d’or de l’égoïsme à la distribution

 

Sans oublier les salaisonniers « qui font du marketing pour naturaliser françaises les viandes du monde. L’égoïsme des salaisonniers fait peu de cas de l’amont de la filière », selon le président du MPB.

 

Mais la palme d’or de l’égoïsme revient sans nul doute, selon Daniel Picart, à la distribution « qui nous fait fantasmer sur leur pays où la vie est moins chère. Sous prétexte du coût du panier de la ménagère. Ils demandent aux autres maillons de faire des efforts, ce qui leur permet de prendre de 25 à 30 % de marge ». Alors qu’il manque 20 centimes par kg aux éleveurs pour sortir la tête de l’eau.

 

Le citoyen consommateur français n’est pas en reste. « Il veut plus de normes, plus de sécurité alimentaire, plus d’environnement mais, une fois dans le rayon, va acheter le produit le moins cher. » Une équation impossible.

 

Au sommet de la pyramide des égoïsmes, Daniel Picart y met l’Etat. « Qui nous impose, nous contraint » sans rien faire contre les distorsions de concurrence.
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La france agricole.fr

Publié le vendredi 29 mai 2015 – 11h19
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